
Les parasites intestinaux peuvent être transmis par l’eau, les aliments, le sol, les animaux ou le contact entre personnes.
Plusieurs plantes et aliments traditionnellement utilisés comme vermifuges possèdent une activité antiparasitaire intéressante en laboratoire ou dans des études animales. Quelques données humaines existent également mais elles restent encore limitées.
L’objectif n’est donc pas de suivre une cure extrême ou de consommer des extraits concentrés à l’aveugle. Une approche naturelle intelligente consiste plutôt à utiliser des aliments et des plantes relativement bien tolérés, à soutenir la digestion, à réduire les risques de réinfestation et à consulter lorsqu’une infection réelle est possible.
Précaution: les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants, les personnes immunodéprimées et celles qui prennent des médicaments devraient demander conseil à un professionnel avant d’utiliser des plantes médicinales ou des suppléments. Les remèdes naturels ne conviennent pas tous aux mêmes parasites.

Les graines de papaye sont probablement l’une des options naturelles les plus intéressantes sur le plan des données humaines. Une petite étude randomisée publiée dans le Journal of Medicinal Food a observé une amélioration de l’analyse des selles chez des enfants ayant reçu une préparation à base de graines de papaye et de miel. Les auteurs précisaient toutefois qu’il fallait des études plus importantes pour comparer cette approche aux traitements antiparasitaires habituels. Consulter l’étude sur PubMed.
Les graines de papaye contiennent des composés comme la carpaïne et la benzyl-isothiocyanate, qui ont été étudiés pour leur activité possible contre certains vers et certains protozoaires. Cela ne signifie pas qu’elles éliminent toutes les espèces de parasites ni qu’elles remplacent un diagnostic.
Les graines de papaye pourraient agir sur certains stades du parasite mais on ne sait pas avec certitude si elles éliminent de manière constante les œufs, les larves et les parasites adultes. Pour interrompre le cycle, l’hygiène et la prévention de la réinfestation demeurent essentielles.

L’ail est un aliment traditionnellement utilisé contre les infections digestives. Son principal composé actif, l’allicine, possède une activité antimicrobienne et a été étudié contre plusieurs microorganismes, dont certains parasites.
Les résultats les plus intéressants proviennent toutefois d’études en laboratoire ou chez l’animal. Une étude expérimentale sur la cryptosporidiose a notamment évalué des extraits d’ail, de gingembre et de grenade chez la souris, avec des résultats encourageants mais ces résultats ne permettent pas de conclure que l’ail seul traite une infection humaine. Voir l’étude expérimentale.
L’ail peut raisonnablement faire partie d’une stratégie alimentaire naturelle mais il ne faut pas promettre qu’il détruira tous les œufs ou tous les vers. Son intérêt principal est de fournir un aliment contenant des composés bioactifs, sans recourir à une purge agressive.

Le gingembre est intéressant pour deux raisons: il possède une activité antiparasitaire expérimentale et il peut soutenir le confort digestif, notamment en cas de nausées ou de digestion difficile.
Une étude publiée dans PubMed a observé une activité du gingembre contre des nématodes chez des moutons mais l’effet était inférieur à celui du vermifuge utilisé comme comparaison. Voir l’étude sur le gingembre. D’autres travaux ont étudié le gingembre et le curcumin contre des parasites de la volaille ou chez la souris, ce qui constitue une piste intéressante mais pas une preuve de traitement chez l’humain. Voir une autre étude expérimentale.
Le gingembre pourrait surtout contribuer à une stratégie de soutien digestif et présenter un potentiel antiparasitaire. Les recherches futures devront déterminer quelles formes, quelles concentrations et quels parasites sont réellement concernés.

Le curcuma, et plus particulièrement son composé principal, la curcumine, a fait l’objet de nombreuses recherches sur ses propriétés anti-inflammatoires, antimicrobiennes et antiparasitaires.
Des études de laboratoire ont observé une inhibition de la croissance de Giardia et d’autres parasites. Une étude publiée dans PubMed a notamment observé que la curcumine réduisait la croissance et l’adhésion de trophozoïtes de Giardia en laboratoire. Consulter l’étude.
Il faut toutefois garder une distinction importante: une concentration de curcumine qui agit directement sur un parasite dans une éprouvette n’est pas nécessairement atteinte dans l’intestin après avoir ajouté une pincée de curcuma à un repas.
Le curcuma peut s’intégrer à une alimentation anti-inflammatoire et diversifiée. Son effet antiparasitaire chez l’humain reste néanmoins à confirmer selon l’espèce de parasite et la forme utilisée.

Les graines de courge sont utilisées traditionnellement contre certains vers intestinaux. La cucurbitine et d’autres composés présents dans les graines ont été étudiés pour leur activité possible sur les parasites, particulièrement certains cestodes et nématodes.
Les données sont moins solides que celles d’un traitement médical ciblé mais les graines de courge présentent l’avantage d’être un aliment nutritif contenant des protéines, des fibres, du magnésium et des acides gras.
Les graines de courge peuvent soutenir le transit et fournir des composés intéressants mais elles ne garantissent pas l’élimination des œufs ou des larves. Leur rôle le plus raisonnable est celui d’un aliment complémentaire dans une stratégie globale.

Un parasite ne se maintient pas uniquement parce qu’il se trouve dans l’intestin. Il peut aussi produire des œufs, des kystes ou des larves qui contaminent les mains, les vêtements, la literie, les aliments et les surfaces.
Une stratégie naturelle cohérente doit donc agir sur plusieurs étapes:
Dans le cas des oxyures, le lavage des mains, le nettoyage des ongles, la douche matinale et le lavage de la literie sont particulièrement importants. Le CDC décrit ces mesures de prévention contre les oxyures, indépendamment de l’approche thérapeutique choisie. cdc
Pour un adulte en bonne santé qui souhaite utiliser une approche prudente, le plan suivant est plus raisonnable qu’une cure concentrée:
Il est préférable de ne pas commencer simultanément cinq plantes concentrées. Si une réaction indésirable survient, il devient alors difficile de savoir quel produit en est responsable.

Certains produits sont souvent présentés comme des solutions naturelles puissantes mais leur rapport entre les bénéfices possibles et les risques est moins favorable:
« Naturel » ne signifie pas automatiquement inoffensif. La sécurité dépend de la dose, de la durée, de la qualité du produit, des interactions avec les médicaments et de l’état de santé de la personne. Santé Canada décrit notamment les risques possibles liés à l’utilisation inadéquate des huiles essentielles et des extraits botaniques. canada
On s’entend que c’est juste le gros bon sens. Mais parce qu’il y a des individus qui exagèrent, il faut le mentionner (spécifiquement, pour eux).
Une approche naturelle peut accompagner une bonne hygiène de vie mais certains symptômes justifient une analyse médicale:
Les parasites ne se comportent pas tous de la même manière. Un remède qui présente une activité contre un ver particulier peut être inutile contre Giardia, Cryptosporidium ou une amibe. Une analyse permet donc de rapprocher le choix naturel du problème réel, au lieu de traiter « les parasites » comme s’il s’agissait d’une seule maladie.
Donc…
Les remèdes naturels les plus intéressants à explorer sont les graines de papaye, l’ail, le gingembre, le curcuma et les graines de courge.
Les données scientifiques sont particulièrement encourageantes pour certaines plantes en laboratoire, chez l’animal et, dans le cas des graines de papaye, dans une petite étude humaine. Il faut cependant rester précis: ces résultats ne démontrent pas qu’une cure maison élimine systématiquement tous les parasites ou tous leurs stades de reproduction.
L’approche la plus intelligente consiste à combiner alimentation naturelle, hygiène rigoureuse, eau sûre, soutien du transit et observation attentive des symptômes. La santé naturelle peut être utile lorsqu’elle est appliquée avec discernement: elle gagne en crédibilité lorsqu’elle reconnaît les résultats prometteurs mais aussi les limites réelles des études disponibles.
Ceci dit, gardez à l’esprit que ceux qui financent les études détestent la santé naturelle qu’ils ne peuvent pas breveter. Ça explique pourquoi nous devons continuellement ajouter des « mises en garde » pour que ce genre d’article puisse « survivre » aux algorithmes et circuler vers ceux qui ont besoin d’explorer des solutions naturelles dans un monde sans cesse plus empoisonné par des tenants d’un capitalisme crapuleux qui s’enrichit sur la maladie, la misère et la pauvreté.
Comme la santé naturelle menace cet empire de médiocrité, vous comprenez pourquoi il faut lire ce genre d’article en comprenant, entre les lignes, que c’est notre monde naturel que nous devons valoriser alors que les $cientifique$, trop souvent, se contentent de livrer des études favorables à leurs souteneurs.
Autrement dit, combattez les parasites en usant de votre sens commun ainsi que de vos intuitions… naturelles.
