5 remèdes naturels étudiés contre les parasites intestinaux

Les parasites intestinaux peuvent être transmis par l’eau, les aliments, le sol, les animaux ou le contact entre personnes.

Plusieurs plantes et aliments traditionnellement utilisés comme vermifuges possèdent une activité antiparasitaire intéressante en laboratoire ou dans des études animales. Quelques données humaines existent également mais elles restent encore limitées.

L’objectif n’est donc pas de suivre une cure extrême ou de consommer des extraits concentrés à l’aveugle. Une approche naturelle intelligente consiste plutôt à utiliser des aliments et des plantes relativement bien tolérés, à soutenir la digestion, à réduire les risques de réinfestation et à consulter lorsqu’une infection réelle est possible.

Précaution: les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants, les personnes immunodéprimées et celles qui prennent des médicaments devraient demander conseil à un professionnel avant d’utiliser des plantes médicinales ou des suppléments. Les remèdes naturels ne conviennent pas tous aux mêmes parasites.

1. Les graines de papaye

Les graines de papaye sont probablement l’une des options naturelles les plus intéressantes sur le plan des données humaines. Une petite étude randomisée publiée dans le Journal of Medicinal Food a observé une amélioration de l’analyse des selles chez des enfants ayant reçu une préparation à base de graines de papaye et de miel. Les auteurs précisaient toutefois qu’il fallait des études plus importantes pour comparer cette approche aux traitements antiparasitaires habituels. Consulter l’étude sur PubMed.

Les graines de papaye contiennent des composés comme la carpaïne et la benzyl-isothiocyanate, qui ont été étudiés pour leur activité possible contre certains vers et certains protozoaires. Cela ne signifie pas qu’elles éliminent toutes les espèces de parasites ni qu’elles remplacent un diagnostic.

Meilleures pratiques

  • Utiliser uniquement des graines provenant d’une papaye destinée à la consommation.
  • Les considérer comme un aliment ou une approche complémentaire, et non comme un traitement garanti.
  • Éviter les extraits concentrés, les capsules de provenance incertaine et les préparations prolongées.
  • Éviter par prudence pendant la grossesse, puisque les données de sécurité sont insuffisantes.
  • Ne pas donner de préparation concentrée à un enfant sans avis professionnel.

Les graines de papaye pourraient agir sur certains stades du parasite mais on ne sait pas avec certitude si elles éliminent de manière constante les œufs, les larves et les parasites adultes. Pour interrompre le cycle, l’hygiène et la prévention de la réinfestation demeurent essentielles.

2. L’ail

L’ail est un aliment traditionnellement utilisé contre les infections digestives. Son principal composé actif, l’allicine, possède une activité antimicrobienne et a été étudié contre plusieurs microorganismes, dont certains parasites.

Les résultats les plus intéressants proviennent toutefois d’études en laboratoire ou chez l’animal. Une étude expérimentale sur la cryptosporidiose a notamment évalué des extraits d’ail, de gingembre et de grenade chez la souris, avec des résultats encourageants mais ces résultats ne permettent pas de conclure que l’ail seul traite une infection humaine. Voir l’étude expérimentale.

Meilleures pratiques

  • Ajouter régulièrement de l’ail frais aux repas.
  • L’écraser et le laisser reposer quelques minutes avant de le consommer ou de le cuisiner afin de favoriser la formation de composés soufrés.
  • Éviter de placer de l’ail cru dans l’anus ou sur les muqueuses: cela peut causer des brûlures.
  • Éviter les doses élevées de suppléments si vous prenez des anticoagulants ou si vous avez un trouble de la coagulation.
  • Ne pas confondre l’ail alimentaire avec un extrait concentré standardisé.

L’ail peut raisonnablement faire partie d’une stratégie alimentaire naturelle mais il ne faut pas promettre qu’il détruira tous les œufs ou tous les vers. Son intérêt principal est de fournir un aliment contenant des composés bioactifs, sans recourir à une purge agressive.

3. Le gingembre

Le gingembre est intéressant pour deux raisons: il possède une activité antiparasitaire expérimentale et il peut soutenir le confort digestif, notamment en cas de nausées ou de digestion difficile.

Une étude publiée dans PubMed a observé une activité du gingembre contre des nématodes chez des moutons mais l’effet était inférieur à celui du vermifuge utilisé comme comparaison. Voir l’étude sur le gingembre. D’autres travaux ont étudié le gingembre et le curcumin contre des parasites de la volaille ou chez la souris, ce qui constitue une piste intéressante mais pas une preuve de traitement chez l’humain. Voir une autre étude expérimentale.

Meilleures pratiques

  • Utiliser le gingembre frais dans les repas ou sous forme d’infusion.
  • Privilégier une consommation alimentaire régulière plutôt qu’un extrait fortement concentré.
  • Cesser ou réduire son utilisation s’il provoque des brûlures d’estomac ou une irritation digestive.
  • Demander un avis professionnel en cas de traitement anticoagulant, de calculs biliaires ou de chirurgie prévue.
  • Ne pas considérer une infusion de gingembre comme un traitement suffisant pour une infection confirmée.

Le gingembre pourrait surtout contribuer à une stratégie de soutien digestif et présenter un potentiel antiparasitaire. Les recherches futures devront déterminer quelles formes, quelles concentrations et quels parasites sont réellement concernés.

4. Le curcuma

Le curcuma, et plus particulièrement son composé principal, la curcumine, a fait l’objet de nombreuses recherches sur ses propriétés anti-inflammatoires, antimicrobiennes et antiparasitaires.

Des études de laboratoire ont observé une inhibition de la croissance de Giardia et d’autres parasites. Une étude publiée dans PubMed a notamment observé que la curcumine réduisait la croissance et l’adhésion de trophozoïtes de Giardia en laboratoire. Consulter l’étude.

Il faut toutefois garder une distinction importante: une concentration de curcumine qui agit directement sur un parasite dans une éprouvette n’est pas nécessairement atteinte dans l’intestin après avoir ajouté une pincée de curcuma à un repas.

Meilleures pratiques

  • Utiliser le curcuma dans les soupes, les légumes, les légumineuses ou le riz.
  • L’associer à un peu de matière grasse pour améliorer son absorption alimentaire.
  • Éviter les fortes doses de curcumine en cas de problèmes biliaires, de tendance aux saignements ou de prise d’anticoagulants.
  • Ne pas utiliser un supplément concentré sans vérifier les interactions avec les médicaments.
  • Voir le curcuma comme un soutien alimentaire, et non comme un vermifuge universel.

Le curcuma peut s’intégrer à une alimentation anti-inflammatoire et diversifiée. Son effet antiparasitaire chez l’humain reste néanmoins à confirmer selon l’espèce de parasite et la forme utilisée.

5. Les graines de courge

Les graines de courge sont utilisées traditionnellement contre certains vers intestinaux. La cucurbitine et d’autres composés présents dans les graines ont été étudiés pour leur activité possible sur les parasites, particulièrement certains cestodes et nématodes.

Les données sont moins solides que celles d’un traitement médical ciblé mais les graines de courge présentent l’avantage d’être un aliment nutritif contenant des protéines, des fibres, du magnésium et des acides gras.

Meilleures pratiques

  • Choisir des graines non salées ou légèrement salées.
  • Les ajouter aux salades, aux gruaux, aux légumes ou aux yogourts.
  • Les moudre seulement au moment de les consommer afin de préserver leur qualité.
  • Éviter les quantités très élevées qui peuvent provoquer des ballonnements ou des troubles digestifs.
  • Ne pas utiliser l’huile ou les extraits de graines de courge comme unique traitement d’un ténia ou d’une infestation confirmée.

Les graines de courge peuvent soutenir le transit et fournir des composés intéressants mais elles ne garantissent pas l’élimination des œufs ou des larves. Leur rôle le plus raisonnable est celui d’un aliment complémentaire dans une stratégie globale.

Comment cibler le cycle de réinfestation

Un parasite ne se maintient pas uniquement parce qu’il se trouve dans l’intestin. Il peut aussi produire des œufs, des kystes ou des larves qui contaminent les mains, les vêtements, la literie, les aliments et les surfaces.

Une stratégie naturelle cohérente doit donc agir sur plusieurs étapes:

  1. Réduire l’exposition: boire une eau sûre, laver les aliments et cuire suffisamment les viandes et les poissons.
  2. Soutenir le système digestif: maintenir une alimentation diversifiée, consommer suffisamment de fibres et éviter les purges.
  3. Limiter la réinfestation: se laver les mains, garder les ongles courts, laver régulièrement les sous-vêtements et la literie.
  4. Éviter la transmission familiale: nettoyer les toilettes, les poignées, les surfaces fréquemment touchées et les jouets.
  5. Vérifier le résultat: si les symptômes persistent, demander une analyse plutôt que répéter indéfiniment une cure.

Dans le cas des oxyures, le lavage des mains, le nettoyage des ongles, la douche matinale et le lavage de la literie sont particulièrement importants. Le CDC décrit ces mesures de prévention contre les oxyures, indépendamment de l’approche thérapeutique choisie. cdc

Une approche naturelle combinée

Pour un adulte en bonne santé qui souhaite utiliser une approche prudente, le plan suivant est plus raisonnable qu’une cure concentrée:

  • choisir un ou deux aliments parmi l’ail, le gingembre, le curcuma, les graines de courge ou la papaye ;
  • les intégrer à l’alimentation plutôt que d’utiliser plusieurs extraits en même temps ;
  • boire suffisamment et maintenir un transit régulier ;
  • éliminer les sources possibles de contamination ;
  • appliquer les mesures d’hygiène pendant au moins plusieurs jours ;
  • surveiller l’évolution des symptômes ;
  • consulter si les troubles persistent ou s’aggravent.

Il est préférable de ne pas commencer simultanément cinq plantes concentrées. Si une réaction indésirable survient, il devient alors difficile de savoir quel produit en est responsable.

Ce qu’il vaut mieux éviter

Certains produits sont souvent présentés comme des solutions naturelles puissantes mais leur rapport entre les bénéfices possibles et les risques est moins favorable:

  • huiles essentielles avalées ;
  • cures d’absinthe, de noix noire et de clou de girofle fortement concentrées (avec une insistance sur les dangers des excès hors-recommandations, sinon, c’est efficace) ;
  • lavements au vinaigre, à l’ail ou aux huiles essentielles ;
  • terre de diatomée non destinée à un usage alimentaire ;
  • purges laxatives répétées ;
  • jeûnes prolongés ;
  • mélanges commerciaux dont la composition et la concentration ne sont pas clairement indiquées.

« Naturel » ne signifie pas automatiquement inoffensif. La sécurité dépend de la dose, de la durée, de la qualité du produit, des interactions avec les médicaments et de l’état de santé de la personne. Santé Canada décrit notamment les risques possibles liés à l’utilisation inadéquate des huiles essentielles et des extraits botaniques. canada

On s’entend que c’est juste le gros bon sens. Mais parce qu’il y a des individus qui exagèrent, il faut le mentionner (spécifiquement, pour eux).

Quand demander une analyse

Une approche naturelle peut accompagner une bonne hygiène de vie mais certains symptômes justifient une analyse médicale:

  • diarrhée qui dure plus de quelques jours ;
  • sang dans les selles ;
  • perte de poids involontaire ;
  • fièvre ou douleur abdominale importante ;
  • vomissements répétés ;
  • signes de déshydratation ;
  • démangeaisons anales persistantes ;
  • symptômes après un voyage ou la consommation d’eau non traitée ;
  • symptômes chez un jeune enfant ou une personne immunodéprimée.

Les parasites ne se comportent pas tous de la même manière. Un remède qui présente une activité contre un ver particulier peut être inutile contre Giardia, Cryptosporidium ou une amibe. Une analyse permet donc de rapprocher le choix naturel du problème réel, au lieu de traiter « les parasites » comme s’il s’agissait d’une seule maladie.

Donc…

Les remèdes naturels les plus intéressants à explorer sont les graines de papaye, l’ail, le gingembre, le curcuma et les graines de courge.

Les données scientifiques sont particulièrement encourageantes pour certaines plantes en laboratoire, chez l’animal et, dans le cas des graines de papaye, dans une petite étude humaine. Il faut cependant rester précis: ces résultats ne démontrent pas qu’une cure maison élimine systématiquement tous les parasites ou tous leurs stades de reproduction.

L’approche la plus intelligente consiste à combiner alimentation naturelle, hygiène rigoureuse, eau sûre, soutien du transit et observation attentive des symptômes. La santé naturelle peut être utile lorsqu’elle est appliquée avec discernement: elle gagne en crédibilité lorsqu’elle reconnaît les résultats prometteurs mais aussi les limites réelles des études disponibles.

Ceci dit, gardez à l’esprit que ceux qui financent les études détestent la santé naturelle qu’ils ne peuvent pas breveter. Ça explique pourquoi nous devons continuellement ajouter des « mises en garde » pour que ce genre d’article puisse « survivre » aux algorithmes et circuler vers ceux qui ont besoin d’explorer des solutions naturelles dans un monde sans cesse plus empoisonné par des tenants d’un capitalisme crapuleux qui s’enrichit sur la maladie, la misère et la pauvreté.

Comme la santé naturelle menace cet empire de médiocrité, vous comprenez pourquoi il faut lire ce genre d’article en comprenant, entre les lignes, que c’est notre monde naturel que nous devons valoriser alors que les $cientifique$, trop souvent, se contentent de livrer des études favorables à leurs souteneurs.

Autrement dit, combattez les parasites en usant de votre sens commun ainsi que de vos intuitions… naturelles.

Claude Gélinas

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